Archive for août 2010

Liste… choses à faire ?


Inspirée par un article sur un blog de Catherine, j’ai dressé une liste… de ce que j’aimerais faire.

Les 20 choses que j’aimerais faire… pas forcément dans cet ordre.

1. Dormir une nuit sur la banquise et, au petit matin (avec lever de soleil même tout petit), ATTEINDRE LE PÔLE NORD !!!

2. Marcher le long du rivage de l’Océan Arctique à l’embouchure de l’Indigirka (Sibérie). (La photo ci-dessus montre le baron Wrangel, explorateur émérite envoyé par le Tsar pour faire une relevé de la côte arctique alors inconnue des géographes. J’ai la traduction française de la relation de son voyage, dont je me suis abondamment servie pour la rédaction d’un texte que je situais dans ces parages. L’île Wrangel porte son nom, bien qu’il n’y ait jamais abordé après l’avoir repérée.). Parfois, lorsque la mer ronge la côte, des défenses de mammouth apparaissent.

3. Faire un tour du monde en ballon.

4. Découvrir un temple Maya dans la jungle.

5. Monter dans un hélicoptère et survoler une île mystérieuse et…

6. … Construire une hutte de branchages sur le rivage d’une île déserte et attendre en mangeant des fruits qu’arrive un navire…comme Robinson Crusoé. Mais Vendredis : s’abstenir.

7. Faire une croisière en radeau.

8. Traverser un désert.

9. Descendre une série de chutes avec un bon gilet de sauvetage et un guide compétent.

10. Chevaucher dans les canyons du Colorado.

11. Passer 8 jours dans une navette spatiale devant un grand hublot (avec une sortie dans l’espace, tant qu’à faire…)

12. Sauter en parachute… si quelqu’un veut bien me bouter dehors fermement !

13. Apprendre quelques figures de natation synchronisée.

14. Habiter dans une caverne loin de toute civilisation et écouter mon lecteur MP3 une ou deux fois par an.

15. Visiter une maison sous la mer et…

16. … Nager sous l’eau longtemps dans la végétation sous-marine et les bancs de poissons.

17. Enfiler un vrai scaphandre mais jamais, jamais, ne quitter le plancher des vaches dans cette tenue.

18. Atterrir au sommet d’un pic inexploré dans les Andes avec des scientifiques…

19. … ou Accompagner une expédition paléontologique en Afrique.

20. M’asseoir au pied du Potala et attendre le retour de qui vous savez.

Histoire de… téléphone

(Il faudra lire les virgules suivies d’une majuscule comme des tirets de dialogue. Les paragraphes de l’auteur ont tendance à occuper une ou plusieurs pages, on a le nez sur le texte pour ne rien perdre, et ce livre est un chef-d’œuvre, et ce n’est pas moi qui le dis : José Saramago, écrivain portugais, a reçu le prix Nobel de littérature en 1998. Il est décédé le 18 juin 2010, mince ! je l’ignorais, on ne me dit jamais rien à moi… Il est mort au Canaries, je ne sais pas laquelle, j’ai mis les pieds sur deux d’entre elles autrefois)


« (…) Avant que nous raccrochions, comment avez-vous eu mon numéro de téléphone, La petite Sara me l’a donné, L’autre Sara, Oui, la standardiste, Quand, Je vous l’ai dit, hier matin, Et vous me téléphonez seulement aujourd’hui, J’ai eu peur d’être importun, Mais vous avez vaincu votre peur, Il semblerait que oui, la preuve c’est que j’ai cette conversation avec vous, Pourtant vous devez savoir que j’ai essayé de vous contacter avant cela. Pendant deux secondes Raimundo Silva songea à feindre de ne pas avoir reçu le message mais il finit par répondre alors que la troisième seconde était presque écoulée, Oui, Je peux donc conclure que vous m’avez téléphoné parce que vous ne pouviez pas faire autrement, l’initiative venant de moi, Vous pouvez conclure tout ce que vous voulez, c’est votre droit le plus strict, mais concluez aussi que si j’ai demandé votre numéro à la standardiste ce n’était pas pour le garder dans ma poche, en attendant je ne sais quoi, Vous êtes bien resté à attendre je ne sais quoi, La raison est différente, Quelle est-elle, Un manque de courage, tout simplement, Votre courage, dirait-on, se borne à cet incident de correction dont vous n’aimez pas qu’on parle, En fait je vous téléphone uniquement pour prendre de vos nouvelles et vous souhaiter un prompt rétablissement, Et vous ne pensez-pas qu’il serait temps de me demander pourquoi je vous ai téléphoné, Pourquoi m’avez-vous téléphoné, Je ne sais pas si j’aime ce ton, Donnez de l’importance aux mots, pas à leur ton, J’aurais cru que votre expérience de correcteur vous aurait enseigné que les mots ne sont rien sans le ton, Un mot écrit est un mot muet, La lecture leur donne une voix, Pas quand elle est silencieuse, Même ainsi, ou pensez-vous que le cerveau est un organe silencieux, monsieur Raimondo Silva, Je suis un simple correcteur, je fais comme le cordonnier qui ne voit pas plus loin que la chaussure, mon cerveau me connaît mais je ne sais rien de lui, Observation intéressante, Vous n’avez pas encore répondu à la question, Quelle question, Pourquoi m’avez-vous téléphoné, Je ne sais pas si j’ai envie de vous le dire maintenant (…)

Histoire du Siège de Lisbonne
José Saramago
ed. Points


Une kitscherie verbale ?

Délicieuse comme une cuillerée de chantilly, sucrée comme une meringue, goûteuse comme un pain aux raisins et croustillante comme un croissant : une acrobatie verbale et diplomatique. Et pour tout dire, un arrière-goût de kitscherie. Un peu comme ceci, mais en plus réussi :

Et c’était à lire sur RUE 89.


Favoriser les replis communautaires…

J’en suis encore… baba.

Rire, et plus si affinité !

Merveilleux Neruda. J’aurais voulu citer les mots d’un autre, d’une autre, mais il ne me lâche pas. Il fait mouche à chaque ligne, à chaque mot. Il m’écrit, moi, non pas à moi, LOL, mais il m’écrit comme un peintre me peindrait. C’est la magie des grands, celle de dire à chacun qui il est à cette seconde. Le temple de la photo, très kitsch à nos yeux d’occidentaux, est là pour tenir mon pari de kitscherie et aussi pour affirmer, dans le respect, que derrière de simples mots et de d’invraisemblables couleurs peuvent se cacher de grandes âmes – je parle de Neruda, poète abyssal, et de ce que chantent ces couleurs dans ce temple, célébrant une grandeur dont je ne sais rien.

Ton rire

Tu peux m’ôter le pain,
m’ôter l’air, si tu veux :
ne m’ôte pas ton rire.

Ne m’ôte pas la rose,
le fer que tu égrènes
ni l’eau qui brusquement
éclate dans ta joie
ni la vague d’argent
qui déferle de toi.

De ma hutte si dure
je rentre les yeux las
quelquefois d’avoir vu
la terre qui ne change
mais, dès le seuil, ton rire
monte au ciel, me cherchant
et ouvrant pour moi toutes
les portes de la vie.

A l’heure la plus sombre
égrène, mon amour,
ton rire, et si tu vois
mon sang tacher soudain
les pierres de la rue,
ris : aussitôt ton rire
se fera pour mes mains
fraîche lame d’épée.

Dans l’automne marin
fais que ton rire dresse
sa cascade d’écume,
et au printemps, amour,
que ton rire soit comme
la fleur que j’attendais,
la fleur guède, la rose
de mon pays sonore.

Moque-toi de la nuit,
du jour et de la lune,
moque-toi de ces rues
divagantes de l’île,
moque-toi de cet homme
amoureux, maladroit,
mais lorsque j’ouvre, moi,
les yeux ou les referme,
lorsque mes pas s’en vont,
lorsque mes pas s’en viennent,
refuse-moi le pain,
l’air, l’aube, le printemps,
mais ton rire jamais
car alors j’en mourrais.

Pablo NERUDA

extrait de :

Vingt poèmes d’amour
et une chanson désespérée
suivi de Les vers du capitaine

Poésie/Gallimard

Bonnes résolutions ?

Au lieu de dire du mal, de pester et d’invectiver tous ceux qui font que le monde ne tourne pas comme je veux, voudrais, aurais voulu, que dis-je ?… exige !!! (faire moins pourrait paraître un peu tiédasse) je ne vais dorénavant parler que d’amour, de tendresse, de chichis, de kitch, éventuellement, qui ne mange pas de pain mais des brioches en forme d’étoiles et parsemées d’une neige de sucre glace – et c’est pour embellir la vie qui sans ça ressemblerait fortement à un quai de métro à l’heure de pointe – au lieu, donc, de dire à tout le monde, sur le mode péremptoire, en quoi il est, ce monde, bancal et ringard et tocard, je vais changer de regard et parler d’amour. En attendant de faire provision de cartes postales en forme de cœur percé quoique pailleté, je vous fourgue ici un vrai poème d’un vrai poète, un vrai poème incandescent et sublime et qui dit mine de rien tout ce qu’il y a à savoir sur le sujet. D’ailleurs, j’en ai déjà parlé ici pas plus tard qu’avant-avant-hier.
Mais je viens de supprimer ce vieux blog.

quand ça ne tient pas la route…

…  un excellent billet sur la dernière embardée de nos yes-men, encore qu’ici ce serait plutôt no-no-no-men… En bref : le Pape avait le droit de dire ce qu’il a dit en français et lâchez-nous les baskets sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, il y a le mythe et il y a les lois. Démonstration.
Ai-je dit assez de bien de ce blog qui décille et informe ? On en viendrait à aimer la Loi qui met les points sur les I quand n’importe qui dit n’importe quoi. Allez-y, c’est tout bon.

Neruda, pour toujours

A lire, publié sur un ancien blog, ce poème (magnifique) de Pablo Neruda. J’ai craqué à la médiathèque, j’ai pris deux volumes de ses œuvres, ce qui était très optimiste : il me faut des mois pour digérer un seul de ses poèmes… Je croyais jusque là qu’aucun poète ne me toucherait aussi profondément que Lorca… et puis Neruda s’est installé discrètement, creusant de plus en plus profond jusqu’à rejoindre, là où les mots ne sont plus des mots mais des silences, la grande figure de Federico Garcia Lorca.
Et sur mon ancien blog, qui ne dit plus rien de neuf, apparaissent des pubs qui me font hurler. Alors… j’ai mis du bon.

C’était ici
mais ce blog vient dêtre supprimé et on trouvera le poème ici