J’ai lu avec étonnement cet article de Tibet-info, dans lequel (je cite) « (…) monsieur Jean-François Copé, président de l’UMP, a affirmé que « la plupart des Français savent très peu de choses au sujet du Tibet » et que ce qu’ils apprennent vient « d’observateurs français ». Il aurait été utile qu’il précise ce qu’il entendait par cette expression. Il apparaît que monsieur Copé ignore que la France est, avec la Russie, le premier lieu en Occident où le tibétain a été enseigné à l’université (depuis 1842 aux Langues Orientales). L’école française de tibétologie est connue dans le monde entier pour la qualité de ses recherches. Deux chaires sont consacrées aux études tibétaines à l’École pratique des Hautes Études, trois équipes du CNRS comptent des tibétologues, cinq grandes bibliothèques de recherche en France possèdent des fonds tibétains importants et la BNF est en possession d’une partie des manuscrits de Dunhuang, premiers documents historiques en langue tibétaine (VIII-Xe s.). Nous sommes un certain nombre de spécialistes qui consacrons notre vie à l’étude de la culture, de la langue, de l’histoire et de la civilisation tibétaines et dont les travaux sont accessibles au grand public.« 


Il est certain que, lorsque, en 1989, Le Dalaï Lama a reçu le prix Nobel de la paix, il n’a pas fait un tour de France pour nous confier : « Vous savez, j’ai reçu le prix Nobel de la paix ». Nous l’avons appris par la presse.
Hormis cela, nous autres qui ne sommes pas tibétologues, avons tout de même accès depuis fort longtemps à la parole tibétaine, que ce soit dans les centres où l’on étudie le bouddhisme, dans les livres et témoignages, dans d’autres lieux tels que restaurants ou boutiques, et plus récemment dans des films  tels que « La coupe », ou ce roman sur la prodigieuse aventure de Sherlock Holmes au Tibet… N’en déplaise à certains, le Tibet parle aussi.



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