Archive for février 2011

A qu’a coca… et pause… Redif !

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La peur de l’étranger est-elle bien raisonnable ?

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Quand nous examinons notre histoire, notre langue, nos arts, notre propre généalogie, qu’y trouvons-nous sinon La Chevauchée Fantastique de John Ford, La Flûte Enchantée de Mozart, l’Odyssée d’Homère, Saint François d’Assise, les jardins japonais, les merguez du méchoui,  le whisky écossais, le monoï de Tahiti, le savon d’Alep et quelques reines de France d’origine étrangère ? Une grand-mère belge ? un cousin italien ? Une bru d’Amérique du sud ? une petite-fille aux yeux bridés ? Et si vous examinez l’étiquette de vos vêtements, ou ce qui est écrit en tout petits caractères sur les paquets et boites de votre garde-manger, ou encore votre café du Brésil, votre cacao de côte d’ivoire, vous demanderez-vous ce que l’étranger fait dans votre cuisine ou votre garde-robe ?
Alors à quoi riment ces gesticulations quand elles n’ont pas le prétexte d’une campagne électorale ? Quand ceux qui hurlent portent – éventuellement – des monstres suisses, des jeans made in quelque part ailleurs et chevauchent des motos parlant japonais ?
Même La Joconde est une étrangère pas de chez nous. Qu’on la reconduise à la frontière !
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Cancer : histoire d’un homme

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Exemplaire. Il se trouve que j’ai eu un cancer aussi et je vois que cet homme parle vrai. Et il a raison d’en témoigner.
J’ignore s’il faut avoir déjà du courage ou si on le trouve une fois que cette maladie est là. J’avais déjà remarqué que les malades atteints de cancer manifestent généralement un grand courage, de même que d’autres malades manifestent généralement de l’angoisse ou encore une détérioration de l’image de soi. J’ai fini par penser, de façon absolument non scientifique, que le courage est un effet secondaire bienveillant de cette maladie…
Ce que je dis peut choquer, mais, voyez-vous, je ne me considère pas comme une personne courageuse, et pourtant on m’a alors trouvée  courageuse. Peut-être aussi avons-nous des réserves insoupçonnées… Peu importe : il ne faut pas avoir peur de cette maladie. Ce n’est qu’une maladie, pas un monstre. On peut y survivre, retourner travailler et sourire et pleurer.
Elle peut me tuer mais elle ne m’aura pas.
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Patron des voyageurs

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Quand j’étais enfant, beaucoup de voitures avaient au dessus de la boite à gants une plaque en métal où étaient gravé leurs nom et adresse, et aussi un St Christophe.
C’est ma culture, malgré mon athéisme, et comme nous avons beaucoup voyagé j’aime bien St Christophe. C’est pourquoi, sans doute, j’ai ramassé par terre dans la rue, il y a longtemps, ce St Christophe à l’anneau cassé qui, depuis, monte la garde au bas de mon écran.  Et, de passage à Lourdes,  j’ai acheté un porte-clefs qui porte… mes clefs.
Pour les bouddhistes, j’apprends que l’équivalent serait  Ksitigarbha, Jizo ou encore Dia-Tang.
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A faire de février : cyclope

La Mère Castor a pioché cette fois dans la mythologie, voire le fantastique ou même les jeux électroniques.
Mais j’aime pas trop l’œil unique, alors j’ai triché. 🙂
(Et toutes mes excuses à Monsieur Homère que j’ai un tout petit peu pillé : l’aurore aux doigts de rose et la rame qui bat le flot… mais c’était un hommage !)

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………………………………..Une histoire de Cyclopes.
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Dans des temps très anciens, quand les Dieux habitaient encore le ciel à un jet d’arbalète au dessus du mont Olympe, il leur naquit un cyclope à deux yeux.
Ses parents, fort embarrassés, lui donnèrent cependant le joli nom de Monophème car, à l’inverse de son cousin germain et vrai cyclope  Polyphème, il parlait peu.
Quand le temps fut venu de le marier, Monophème disparut. Blandula, cette jeune cyclopesse qu’on lui destinait, jeta en vain de gros rochers vers l’onde amère, alors que, dans son berceau de brume, l’aurore aux doigts de rose se levait sur la mer où la rame bat le flot qui blanchit sous les coups. A cet instant, le frêle esquif qui emportait Monophème était déjà loin.
Or, un jeune cyclope de bonne famille, amoureux fou de la demoiselle, la trouva en pleurs sur le rivage désert et sut trouver les mots pour la consoler. Bien que les deux familles se furent empressées de les marier, Blandula se reprit à rêver jour et nuit de son promis enfui alors même qu’elle  filait la laine et gardait la maison tout aussi bien qu’une autre, gérant d’une main bienveillante ses 236 serviteurs, sans compter les chauffeurs, les coiffeurs et les jardiniers.
Quelque temps après, elle mit au monde des sextuplés : trois merveilleux petits garçons et trois merveilleuses petites filles en excellente santé, mais toutes et tous pourvus de deux yeux !

Les filles


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Les garçons
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– Omnia vincit amor ! ( L’amour triomphe de tout ) balbutia  Blandula.
– Ad impossibilia nemo tenetur (À l’impossible nul n’est tenu), soupira le père avant de retourner à sa partie de pétanque.
– Desipere est juris gentium (Extravaguer est un droit des gens), dirent les parents de la maman.
– De gustibus et coloribus, non disputandum (Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter), reconnurent ses beaux-parents.
– Ducunt volentem fata, nolentem trahunt (Le destin porte ceux qui l’acceptent et lynche ceux qui le refusent) dirent au jeune papa ses copains de pétanque.
– Nihil novi sub sole (Rien de nouveau sous le soleil) dirent les dieux quand on les informa.

Épilogue :
Blandula fut obligée d’engager 36 nourrices, augmentant donc notablement sa charge de travail. Toutefois, les sextuplés furent élevés avec tous les soins et la bienveillance nécessaires. Plus tard, ils prirent eux aussi la mer, les filles d’abord, évidemment.
Quant à Monophème, nul ne sait ce qu’il advint de lui : à cela rien d’étonnant…  de la part d’un garçon qui parlait si peu !
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(photo d’origine)

Solitude

Photos Vincent Desjardins

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Je viens d’apprendre que c’est la cause nationale pour 2011,  après celle de la lutte contre les violences faites aux femmes en 2010.
Justement, comme j’habite cette ville depuis 3 ans et que je ne connais pas un chat – enfin, si, il y en a un qui avait décidé d’habiter chez moi, mais c’est la voisine qui l’a adopté : ledit chat n’a plus le moindre regard pour moi depuis que ce n’est plus ma main qui le nourrit… 🙂
Bref.
J’envisage de déménager.
Alors si le gouvernement veut bien me fournir un environnement marin (c’est bon pour les rhumatismes et pour le moral), des voisins poètes, peintres,  créateurs, amuseurs publics, chanteurs, harmonicistes ou danseurs, bref, des gens vivants, et un logement non bétonné et plus grand que mon placard à balais, alors je pourrai lutter contre la solitude. Parce que la visite gratuite des musées c’est une fois par an seulement…
La solitude, c’est pas violent. C’est un truc pas violent qui tue chaque année pas seulement des vieilles et des vieux, mais aussi des djeuns et moins jeunes. C’est comme la pauvreté, qui est un truc pas violent qui tue chaque année pas seulement des… je viens de le dire. L’ostracisme, la xénophobie, l’intégrisme  philosophique ou religieux,  c’est pas violent non plus. Le mensonge, la poudre aux yeux, le déni de justice, la promesse électorale, rien que des mots, après tout.  Pas violent.
C’est décidé : 2011, c’est l’année Je Déménage.

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Vivre

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Enterrer les balles, les bombes, les canons,
les lames, les flèches, les pics,
les menaces, les menottes, les grimaces,
les idées, les opinions, les révulsions,
l’agression, répulsion, la méfiance,
les on-dit, les faux-semblants, la peur,
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et,
si le temps est clément,
jouer
à être vivant.
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