La Mère Castor a pioché cette fois dans la mythologie, voire le fantastique ou même les jeux électroniques.
Mais j’aime pas trop l’œil unique, alors j’ai triché. 🙂
(Et toutes mes excuses à Monsieur Homère que j’ai un tout petit peu pillé : l’aurore aux doigts de rose et la rame qui bat le flot… mais c’était un hommage !)

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………………………………..Une histoire de Cyclopes.
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Dans des temps très anciens, quand les Dieux habitaient encore le ciel à un jet d’arbalète au dessus du mont Olympe, il leur naquit un cyclope à deux yeux.
Ses parents, fort embarrassés, lui donnèrent cependant le joli nom de Monophème car, à l’inverse de son cousin germain et vrai cyclope  Polyphème, il parlait peu.
Quand le temps fut venu de le marier, Monophème disparut. Blandula, cette jeune cyclopesse qu’on lui destinait, jeta en vain de gros rochers vers l’onde amère, alors que, dans son berceau de brume, l’aurore aux doigts de rose se levait sur la mer où la rame bat le flot qui blanchit sous les coups. A cet instant, le frêle esquif qui emportait Monophème était déjà loin.
Or, un jeune cyclope de bonne famille, amoureux fou de la demoiselle, la trouva en pleurs sur le rivage désert et sut trouver les mots pour la consoler. Bien que les deux familles se furent empressées de les marier, Blandula se reprit à rêver jour et nuit de son promis enfui alors même qu’elle  filait la laine et gardait la maison tout aussi bien qu’une autre, gérant d’une main bienveillante ses 236 serviteurs, sans compter les chauffeurs, les coiffeurs et les jardiniers.
Quelque temps après, elle mit au monde des sextuplés : trois merveilleux petits garçons et trois merveilleuses petites filles en excellente santé, mais toutes et tous pourvus de deux yeux !

Les filles


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Les garçons
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– Omnia vincit amor ! ( L’amour triomphe de tout ) balbutia  Blandula.
– Ad impossibilia nemo tenetur (À l’impossible nul n’est tenu), soupira le père avant de retourner à sa partie de pétanque.
– Desipere est juris gentium (Extravaguer est un droit des gens), dirent les parents de la maman.
– De gustibus et coloribus, non disputandum (Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter), reconnurent ses beaux-parents.
– Ducunt volentem fata, nolentem trahunt (Le destin porte ceux qui l’acceptent et lynche ceux qui le refusent) dirent au jeune papa ses copains de pétanque.
– Nihil novi sub sole (Rien de nouveau sous le soleil) dirent les dieux quand on les informa.

Épilogue :
Blandula fut obligée d’engager 36 nourrices, augmentant donc notablement sa charge de travail. Toutefois, les sextuplés furent élevés avec tous les soins et la bienveillance nécessaires. Plus tard, ils prirent eux aussi la mer, les filles d’abord, évidemment.
Quant à Monophème, nul ne sait ce qu’il advint de lui : à cela rien d’étonnant…  de la part d’un garçon qui parlait si peu !
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(photo d’origine)

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