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Les « chroniques martiennes » de Ray Bradbury

Si je devais conseiller un seul livre de SF, ce serait celui-là, car il contient tout ce qui est humanité. Il a été publié chez Denoël en 1960.
Extrait de l’édition par « Club des Amis du livre » en 1964 :
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Au 6ème chapitre : La troisième expédition
Ce dessin illustre le texte :
« La fusée atterrit sur une pelouse de gazon vert ».
Illustrations de Christian Broutin
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Un peu plus loin dans le chapitre :
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– Regardez, là-bas. Des géraniums. Une plante spécialement individualisée. Cette variété spécifique n’est connue sur la terre que depuis cinquante ans. Songez que l’évolution d’une plante couvre des millénaires. Ensuite, dites-moi s’il est logique que les Martiens possèdent : un : des fenêtres à vitraux ; deux : des coupoles ; trois : des hamacs ; quatre : un instrument qui ressemble à un piano et qui vraisemblablement est un piano ; cinq : si vous regardez attentivement dans cette lunette télescopique, est-il logique qu’un compositeur martien ait écrit un morceau de musique intitulé, par une singulière coïncidence, Mon bel Ohio ? Autrement dit, existerait-il sur Mars un fleuve appelé l’Ohio ? « 

Réponse dans le livre !
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Cyrano, le vrai, plus fort que Méliès et la NASA !

… il va sur la lune mais aussi sur le soleil !

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L’Autre Monde (1657)
Cette œuvre, considérée comme un des premiers romans de science-fiction, s’articule en deux parties : Histoire comique des Estats et empires de la Lune et Histoire comique des Estats et empires du Soleil. Cyrano décrit à la première personne un voyage dans la Lune et le Soleil et les observations qu’il a pu y faire de sociétés indigènes, dont le mode de vie est parfois totalement différent du nôtre, voire choquant, et parfois au contraire identique au nôtre, ce qui permet à l’auteur d’en dénoncer indirectement les limites. Ce voyage dans l’imaginaire est donc avant tout prétexte à exprimer sa philosophie matérialiste. Les deux récits ne furent publiés qu’à titre posthume, et après « expurgation », par son ami Le Bret. source

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Soleil et lune…  paroles et musiques très beaucoup lunatiques !

L’enterrement de la lune
Au clair de la lune
Sonate au clair de lune

Sous le soleil du mois d’août
Nue au soleil
Avec ce soleil

Le soleil a rendez-vous avec la lune

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La baleine

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« Quand elle toucha terre, quelque peu étourdie par le choc, la baleine se retrouva échouée sur le sable, face à l’océan qu’elle considéra d’un œil mélancolique. La marée montante bouillonnait autour d’elle et projetait en chuintant de grands panaches d’écume puis, lentement, battait quelque peu en retraite. Des dentelles de mousse s’accrochaient au sable humide et lisse.
La baleine se débattit un instant, maladroitement, mais sans s’affoler. Balançant son énorme queue, elle enfonça la tête dans le sable pour se creuser une voie de retraite. Mais plus elle se démenait et plus elle s’enlisait. Puis la mer se retira et le vent tomba.
Le ressac se calma un peu. A l’est, la traînée grise s’éclaircit et se mua en une sorte de ruban où le blanc laiteux se mêlait au bleu et au rose. Des mouettes tournoyaient en criaillant, l’œil aux aguets.
Épuisée maintenant, et toujours étourdie par la brutalité de cet échouage, la baleine s’ébroua, puis sa grande carcasse se détendit. Elle avait l’impression d’être en sécurité. La plage était déserte et le jour se levait paisiblement. Bientôt les vagues se brisèrent à une certaine distance du cétacé dont la masse s’enfonçait d’une bonne cinquantaine de centimètres dans le sable. (…)
Une mouette se posa à un mètre ou deux du monstre, fit claquer un bec orangé et se mit à la lorgner du coin de l’œil.
La baleine poussa encore un profond soupir, ferma les yeux et s’endormit. »
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La baleine scandaleuse

John Trinian
Gallimard 1965
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Et voir ici ce qui pourrait résumer la suite de l’histoire

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Le petit bout de la lorgnette

J’ai lu avec étonnement cet article de Tibet-info, dans lequel (je cite) « (…) monsieur Jean-François Copé, président de l’UMP, a affirmé que « la plupart des Français savent très peu de choses au sujet du Tibet » et que ce qu’ils apprennent vient « d’observateurs français ». Il aurait été utile qu’il précise ce qu’il entendait par cette expression. Il apparaît que monsieur Copé ignore que la France est, avec la Russie, le premier lieu en Occident où le tibétain a été enseigné à l’université (depuis 1842 aux Langues Orientales). L’école française de tibétologie est connue dans le monde entier pour la qualité de ses recherches. Deux chaires sont consacrées aux études tibétaines à l’École pratique des Hautes Études, trois équipes du CNRS comptent des tibétologues, cinq grandes bibliothèques de recherche en France possèdent des fonds tibétains importants et la BNF est en possession d’une partie des manuscrits de Dunhuang, premiers documents historiques en langue tibétaine (VIII-Xe s.). Nous sommes un certain nombre de spécialistes qui consacrons notre vie à l’étude de la culture, de la langue, de l’histoire et de la civilisation tibétaines et dont les travaux sont accessibles au grand public.« 


Il est certain que, lorsque, en 1989, Le Dalaï Lama a reçu le prix Nobel de la paix, il n’a pas fait un tour de France pour nous confier : « Vous savez, j’ai reçu le prix Nobel de la paix ». Nous l’avons appris par la presse.
Hormis cela, nous autres qui ne sommes pas tibétologues, avons tout de même accès depuis fort longtemps à la parole tibétaine, que ce soit dans les centres où l’on étudie le bouddhisme, dans les livres et témoignages, dans d’autres lieux tels que restaurants ou boutiques, et plus récemment dans des films  tels que « La coupe », ou ce roman sur la prodigieuse aventure de Sherlock Holmes au Tibet… N’en déplaise à certains, le Tibet parle aussi.



A nos moutons !

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Un jour, en Sardaigne, l’auteur rencontre un berger. Il lui demande :
« – Que faites-vous, toute la journée ?
– Je surveille les moutons.
– Et à quoi pensez-vous ?
– A quoi je devrais penser ? je fais gaffe que personne ne me vole mes bêtes !

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La présence au réel n’a pas besoin d’autres explications (…). »

Giulo Cesare Giacobbe
Comment devenir un Bouddha en cinq semaines
Ed.First

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Le Petit Albert, ou « la magie naturelle »

On trouvera aussi dans ce recueil, que j’ai trouvé d’occasion à un prix aussi mini que le format de l’ouvrage (9×15), des recettes pour éviter que les poils ne tombent, pour aller dîner sans crainte de boire trop de vin, pour empêcher que le fer ne se rouille, pour convertir en été l’eau en glace, pour garantir les chevaux contre les mouches (les frotter tous les matins avec des feuilles de noyer). On saura aussi le caractère des gens selon les caractères de leurs yeux, nez, lèvres, tête, cou, mains, ventre, dos, jambes. En outre, il est indiqué dans l’AVERTISSEMENT que « lesquelles choses seront au moins profitables et méritoires de votre attentivité et non moins précieuses que les autres auront été amusantes, à seule fin de meubler votre intellectibilité autant que votre souvenance, pour votre advantage et aussi pour le profit d’autrui. » Dont acte.

Éditions Bussière 1986.

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Des contes et des frissons


Ayant déjà terminé mon à faire de la Mère Castor (à livrer ici vers le 25 de ce mois), j’ai eu la curiosité d’aller lire des histoires de fantôme, et c’est au rayon jeunesse que j’ai trouvé ce livre pas vraiment fait pour les très jeunes, je dirais  plutôt : ados et adultes.

En effet, si Roald Dahl a lu 749 histoires de fantômes pour en sélectionner une dizaine (quatre de plus dans l’édition anglaise), il a certes fait un choix respectable à condition d’aimer leur style suranné et l’évocation des drames vécus par ces fantômes avant de devenir fantômes : il ne s’agit pas d’histoires comme ceci

mais bien plutôt comme cela

Extrait de la nouvelle : Le Balayeur, de A.M. Burrage

« La jeune fille savait les combats que doivent mener les pauvres gens. Son éducation dans un presbytère de campagne l’avait mise au contact des ouvriers des fermes et des chantiers, elle connaissait la tragique pauvreté de leurs foyers, leur volonté d’indépendance et leurs luttes courageuses pour assurer leur existence. Sur les terres mêmes de Miss Lugate, vivait plus d’une famille dont la seule nourriture se composait de pain et de pommes de terre, et encore en quantité limitée. « 
Dans cette nouvelle, malgré le ton suranné dont voilà un exemple, l’histoire tragique du fantôme est très réussie.
Il y a aussi une très jolie histoire de fillettes-fantômes, et une  de marins, effroyable (mais c’est justement le but). Également une histoire à double détente, si je puis dire, dans laquelle l’auteur mystifie complètement le lecteur : La boutique du coin., de Cynthia Asquith. C’est fait très habilement et la surprise est imparable ! Une autre surprise dans la nouvelle suivante : Rencontre à Noël de Rosemary Timperley, qui enrichit le thème du fantôme sans le dénaturer et laisse une question ouverte… J’ai bien aimé ces deux dernières.
Mais la plus belle que j’aie jamais lue figure dans le recueil  Les chroniques martiennes de Ray Bradbury. Il faut que j’en retrouve le titre…

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